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La lance, matérialisation et image de l’éclair et de la foudre, de la virilité et de la puissance, symbolise aussi l’axe du monde. Elle peut quelques fois représenter l’arbre, comme celles des soldats de Charlemagne qui, plantées en terre, prirent racine et feuillages en une nuit.
Si le chaudron symbolise la Terre et la femme, la lance est sont complément naturel, symbole du Feu, de la virilité et de la puissance.
Elle apparaît fréquemment dans le domaine celtique, celle du dieu Lug, celle du dieu OEngus, la lance rouge et noire de Mac Cecht, la lance de Celtchar, enfin la lance associée au Graal.
La lance du Dieu Lug :
Quand les
Tuatha De Danann débarquèrent en Irlande, ils apportèrent quatre objets magiques dont la lance de Lug, qui jamais ne manquait son but et provenait de la ville de Gorias.
Lug Le Lumineux, dit aussi Lug à la longue main, était le fils du Dagda et de la grande Déesse Eithne.
Il avait pour arme une fronde et une lance, toutes deux infaillibles, qui donnaient la vie où la mort à distance.
On devait plonger cette lance dans le sang pour qu’elle ne détruise pas tout autour d’elle, elle s’appelait GAI BOLGA et provenait d’Assal, une des îles du nord du Monde, d’où étaient originaires les Tuatha De Danann.
« La lance d’Assal …..
Mort est celui dont elle verse le sang
Sa valeur est telle qu’elle ne frappe pas par erreur
Si seulement on s’écrie « ibar ».
Si on s’écrie « athibar »
Elle revient en arrière
Jusqu’à la main de celui qui l’a lancée. »
La lance de Celtchar
Celtchar, fils d’Uthechar, possède lui aussi une lance merveilleuse. C’est un objet redoutable mais son origine est obscure.
Dans le récit Le Mort violente de Celtchar on apprend que la femme de celui-ci l’a trompé avec un certain Blai Briuga.
« Alors que Blai Briuga se trouve dans la maison du Roi Conchobar d’Ulster et qu’il regarde Conchobar et Cuchulainn jouer aux échecs, Celtchar s’approche et enfonce sa lance au travers du corps de Blai, si bien qu’une goutte de sang, du bout de la lance, vint sur le jeu d’échec ».
Cette goutte de sang n’est pas anodine, car l’endroit où elle est tombée permet de savoir qui, de Conchobar ou Cuchulainn était le plus près de la victime, et par conséquent doit assumer la vengeance contre Celtchar, puisque celui-ci a violé le droit d’asile et d’hospitalité de la maison du Roi.
Cuchulainn
Cuchulainn reçut de Bathnait, l’épouse de Curoi Mac Daéré, un chaudron magique, et de Scatach, une arme invincible : Une lance.
A lui seul elle apprit le coup de la lance dans le sac dont aucun ennemi ne se relevait.
Dans le récit de La maladie de Cuchulainn, Le roi Labraid, souverain du royaume des Délices éternelles, a besoin de son aide.
« Il suivit Labraid en son palais afin d'observer l'ennemi depuis le sommet du donjon. Vus de haut, les pelotons d'opposants semblaient des fleuves et des ruisseaux de fourmis noires. Mais on percevait nettement l'éclat des cimiers et des armes luisantes. Cuchulain perçut également, malgré la distance, la silhouette voûtée de Senach. Il n'hésita pas : il saisit une lance posée contre le mur, visa et jeta son arme tant bien que mal à travers la croisée. Avec un sifflement terrible, la lance fila vers le camp ennemi où, comme un éclair jailli du ciel bleu, elle transperça Senach et trois fois dix guerriers. »
Cette histoire n’est pas loin de nous rappeler, dans le récit de La destruction de l’hôtel de Da Derga , un homme grand, presque un géant, plonger une lance dans un chaudron où cuit un veau dans un liquide noir, pour apaiser sa chaleur, et au moment où la lance plonge dans le chaudron, une flamme jaillit. On apprend qu’elle peut tuer un homme à chaque coup, neuf hommes à chaque jet, l’un des neuf étant toujours un Roi ou un chef.
La lance d’Oengus
Elle avait la particularité d’être toujours sanglante, d’où son nom Crimall (tachée de sang). C’est une lance qui brille et qui foudroie (éclair et tonnerre) et pour atténuer cette puissance permanente, il faut la plonger dans un chaudron de poison et de « fluide noir » (probablement du sang) comme la lance de Lug (Dans certains textes comme Le sort des enfants de Tuirenn elle est la lance de Lug).
La lance du héro Mac Cecht
Dans ce même récit, le héros Mac Cecht possède lui-même une énorme lance rouge-noir et bourbeuse, c’est à dire dégoulinante de sang. C’est le forgeron divin Goibniu qui l’a fabriquée. Il s’est même blessé avec elle en la fabriquant et a dû se guérir par un vin magique.
Nous retrouvons cette lance dans le récit de L’ivresse des Ulates, où elle est décrite comme une arme épouvantable. On ne peut la calmer qu’en la plongeant dans un chaudron de sang, mais l’y plonger déclenche un jaillissement de ruisseaux de sang.
La quête du Graal et les compagnons d’Arthur
Dans le récit gallois Kulhwch et Olwen, Bedwyr, l’un des plus anciens compagnons d’Arthur, possède une lance. « La pointe se détachera de la hampe, elle tirera du sang du vent et descendra de nouveau sur la hampe ».
Puis dans Perceval le Gallois ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, on trouve ce récit très proche des exemples tirés de la mythologie celtique :
"...Tandis qu'ils causent à loisir, paraît un valet qui sort d'une chambre voisine, tenant par le milieu de la hampe une lance éclatante de blancheur...Une goutte de sang perlait à la pointe du fer de la lance et coulait jusqu'à la main du valet qui la portait...Puis apparaissait un Graal, que tenait entre ses deux mains une belle et gente demoiselle, noblement parée, qui suivait les valets. Quand elle fut entrée avec le Graal, une si grande clarté s'épandit dans la salle que les cierges pâlirent, comme les étoiles ou la lune quand le soleil se lève. Après cette demoiselle en venait une autre, portant un tailloir d'argent. Le Graal qui venait devant était de l'or le plus pur; des pierres précieuses y étaient serties, des plus riches et des plus variées qui soient en terre ou en mer;nulle gemme ne pourrait se comparer à celles du Graal..."
Certains ont défendu une thèse païenne et rituelle qui rattachait le cortège à un culte de la fécondité et de la végétation. Il est vrai que la stérilité des terres est due à la blessure du Roi, et Perceval en ne posait pas la question attendue, aurait ainsi manqué son initiation, puisque Lance et Graal (chaudron) seraient deux symboles de la sexualité.
Dans pratiquement tous ces exemples se trouvent réunis : la lance, le chaudron et le sang. La lance et le chaudron sont deux principes complémentaires. Le sang, quant à lui est le principe vital par excellence. Il associe les principes lunaires et solaires, le liquide et le feu, l’humain et l’universel. C’est pourquoi dans les quêtes des héros de la mythologie celtique se retrouve la notion de « rachat par le sang ». Le sang qui contient l’âme est un puissant régénérateur et lui seul peut apaiser la lance.
La Lithothérapie
Traitement de santé par les Minéraux et les Cristaux
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